SYNOPSIS

Avril 2012, Bordeaux, élections présidentielles.
Fred, au chômage rencontre Slavomir, qui vient de Bosnie et fait la manche suite à une agression ; il l’héberge le temps qu’il sorte de cette mauvaise passe. Slavomir compte bien profiter de ce havre aussi longtemps qu’il pourra. Fred le présente à ses amis. Slavomir, invité mais tout juste toléré, provoque chez eux des réactions mitigées. De fêtes en concerts et de chansons en danses, le film flâne, ballade légère et mélancolique autour des idéaux en grippe avec la désillusion.

UN FILM CHORAL

Avec ironie, le film présente un condensé des tendances de la gauche à travers un groupe d’amis travaillant dans le social, l’éducatif ou l’artistique ; on reconnaîtra la syndicaliste, le socialiste pragmatique, l’idéaliste, l’anarchiste, le libertaire ou l’altermondialiste.
Dans ce groupe il y a un intrus : Slavomir, marginal, sans idéaux, un peu gênant ; plus complexe que le rôle qu’on voudrait bien lui faire jouer, il sera sans le vouloir l’observateur et le révélateur de cette petite communauté au fond assez sûre d’elle-même.
Fred nous conduit de lieux en visages. Il est le témoin du grand cirque humain dont il fait bien sûr partie, ce que Slavomir lui rappellera cruellement. Portrait doux amer d’une génération qui questionne notre monde, leurs conversations sont la chair de l’action.

« DE QUOI ON PARLE »

C’était une idée pour le titre, car c’est le constat d’un brouhaha, constitué des conversations de rues et du bavardage des médias au moment des élections.
Les personnages se retrouvent autour du débat du second tour et la soirée prend la forme d’une tribune improvisée où chacun exprime sa vision d’un monde meilleur. Alors que les Nuits Debout viennent remettre en cause notre démocratie, libèrent la parole et tentent de de s’organiser autour de valeurs différentes de celle qui régissent notre monde, le film met en lumière le germe de cet élan et les balbutiements de cette envie de changer sans toutefois prétendre apporter des solutions.
Nécessité et écueils du débat ; comment les idées reçues, les opinions, les lieux communs circulent ; comment une conversation s’articule, serpente, s’égare ; le film propose un questionnement sur la parole avec en trame le chaos des êtres et du monde.

EN LIBERTE

«J’avais envie de tourner un film sans attendre, sans dépendre des dispositifs de financement habituels, y aller avec les moyens du bord ! Durant un mois et demi, nous avons investi les rues du quartier St Michel et des Capucins, à Bordeaux, tourné dans des bars, des lieux d’expo alternatifs, associatifs, on s’est fait prêté des apparts. A la technique, il n’y avait souvent pas plus de quatre personnes ! Les plus nombreux c’était les acteurs. Et le film repose en grande partie sur eux. Ce film est possible parce que tout le monde croyaient dans le projet et s’est investi totalement . Ça s’est fait dans une joyeuse urgence palliant les contraintes du «no budget» par une entraide où chacun touchait un peu à tout. Ce projet s’inscrit vraiment dans la lignée de ces films faits en liberté, fabriqués en marge du système, hors les murs. Mais ce qu’on voulait c’est avant tout un film populaire, avec une histoire qui peut parler à chacun.»