Dans ton film, il y a des chansons, des scènes dansées, presque de comédie musicale, qu’est ce qui a motivé ce choix ?

Je crois que la musique est toujours à l’origine dans mes projets. Ici par exemple, j’avais tout une série de chansons de Léo Ferré que j’avais envie d’entendre, parce qu’elles donnaient un éclairage à ce que j’avais envie de dire. Avant d’écrire une ligne de scénario, j’ai pensé à mettre la chanson « L’Age d’or ».

C’est juste une évidence dans ma manière de faire des films. La chanson, la danse, pour moi ça fait partie du spectacle au cinéma, c’est un procédé qui coule de source. Une scène chantée permet d’intensifier l’émotion, lui donnant une sorte d’écrin dans laquelle elle va s’épanouir. Ça permet aussi une sorte de distance tout en restant ludique.

Et puis ça apporte du souffle au récit. J’aime l’idée d’une parenthèse où on suspend l’action, c’est comme un chœur antique qui viendrait donner un nouvel éclairage à l’histoire.

Moi quand je regarde un film, si il y a un intermède musical, je suis toujours très ému.

Ensuite, dans ce film ça agit parfois par contraste, comme à la fin du débat. On était dans une scène presque naturaliste et on passe sans transition à un ton totalement artificiel. Le cinéma permet ce genre de cassure ! Il y a une forme de recul, d’ironie dans la scène, qui à la fois, donne à sourire et distille aussi quelque chose de sinistre, qu’on a intensifié à l’étalonnage. C’est cette ambivalence qui m’intéresse.

Pour la chorégraphie, c’est une manière de raconter ces personnages faisant la fête en stylisant leur état intérieur.

Et puis cela se prête à un film de groupe, moi ça me donne envie de faire des farandoles.

Mais ce n’est pas quelque chose de sucré qui adoucit, ce sont plutôt des moments qui viennent mettre en valeur le tragique.

Mais c’est aussi une manière d’ancrer le film dans le spectacle, d’assumer sa valeur de divertissement. Même si les thèmes traités sont sérieux, c’est un film très accessible qui cherche à toucher chacun de nous. Et c’est aussi pour ça que le ton du film passe par celui de la comédie.